Le continent africain dispose de grands fleuves, d’une centaine de grands lacs auxquels s’ajoutent plus de 600.000 kilomètres cubes de réserves d’eau. Et pourtant, après l’Océanie, l’Afrique est le second continent le plus sec au monde. Comptant 16% de la population mondiale, il ne possède que 9% des ressources renouvelables en eau. L’eau y est inégalement répartie, les six pays les plus riches en eau, situés en Afrique Centrale et de l’Ouest, détenant 54% des ressources intérieures totales du continent et les vingt pays les plus pauvres en détenant seulement 7%. Un tiers de la population africaine, soit 330 millions, n’a pas accès à l’eau potable et presque la moitié des Africains souffre de problèmes de santé dus au manque d’eau potable. L’Afrique est le continent où l’accès à une eau de qualité est le plus limité au monde, à peine 60% de l’Afrique sub-saharienne est alimentée en eau potable. En rapport Due à la diminution progressive de ces ressources et de l’augmentation de la consommation, la proportion de la population africaine risquant d’être soumise à une carence en eau augmentera de 38% en 2013 à 74% en 2040, affectant 28 pays.

L’eau devient l’objet de nombreuses convoitises et tensions entre les États entre milieux urbains et ruraux. La situation pourrait s’aggraver compte tenu de la dégradation des écosystèmes due à l’intensification des activités agricoles, la pression foncière croissante et le développement des activités industrielles. Cependant le principal défi est démographique : La population africaine devrait ainsi augmenter de moitié entre 2010 et 2040, avec un pourcentage de citadins qui passerait de 44% à 57%. L’enjeu réside dans la capacité à mettre en place des mécanismes qui parviennent à concilier un objectif d’égal accès de tous, en tenant compte des différences de potentialités financières des individus.